mardi 26 novembre 2024

"A la découverte du parfum" le lundi 25 Novembre 2024

 Nous sommes des botanistes amateurs. 

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, merci de nous le signaler en commentaire


Tachka Sofer nous a proposé un atelier ATELIER DU PARFUMEUR "à la découverte du parfum" avec réalisation de notre propre eau de toilette. Après Salagon, elle fait partie désormais de l'UESS : Université Européenne des Saveurs et des Senteurs UESS au ARTEMISIA MUSEUM de Forcalquier. 

Nous étions 15 à participer à cet atelier : Catherine B., Catherine G., Claire GC, Claire O., Claire R., Claude M., Eliette S., Francine B., Hélène P., Jeannine H., Nadine M., Nadine R., Suzanne C., Sylvain L., Sylvie M.

Saviez-vous que les parfums venaient d'Orient?
 Il s'agissait alors d'un  mélange d'ingrédients broyés et brûlés pour une offrande aux Dieux. 

Le mot parfum viendrait de l'expression latine per fumum, qui signifie "à travers la fumée" probablement suite aux usages traditionnels et anciens de fumigations sacrées, médicinales ou rituelles.

Les Dieux créent les odeurs, les hommes fabriquent les parfums - Jean Giono


Tous les peuples antiques ont fait une grosse utilisation de parfum, notamment les Égyptiens, Alexandrie possédait d'importantes fabriques de parfums à base entre autres de cannelle et d'encens pour obtenir le KYPHI (« le deux fois bon » pour celui qui le met, et pour celui qui le sent). Les prêtres-parfumeurs l'utilisaient en fumigations. On y trouvait généralement de dix à seize ingrédients. Tachka a fait le sien avec les ingrédients suivants : cannelle, clou de girofle, muscade, poivre noir, cardamome, feuilles de pistachier lentisque, miel, safran, vin rouge, huile d'amande douce ....

Les parfums viennent de l'Orient, ceci s'explique certainement par le fait que beaucoup d'odeurs fortes vont subir les rayons infra-rouges, en particulier aux abords des tropiques (sauf l'angélique et l'aneth)
Les ultra violets ont une influence sur l'odeur. 

En Europe, nous avons hérité des méthodes égyptiennes : le tout premier alambic était en fait une calebasse remplie d'eau, enduite d'argile, elle-même recouverte de bandelettes de tissu. Les fleurs étaient plongées dans l'eau. La vapeur imprégnait les bandelettes, il suffisait de les essorer pour obtenir un hydrolat.

Les Grecs se parfumaient à l'image des Dieux pour obtenir leur protection ou leur bienveillance. Par la suite, les Romains s'emploieront à perfectionner cet art par la mise au point de techniques telles que l'enfleurage et la macération.

Le Moyen-Âge chrétien ne semble guère avoir fait usage des parfums : l'église se méfiant de ces "artifices du diable". Un grand bouleversement se produit à la fin du Moyen-Âge avec la découverte de l'alcool éthylique dont le procédé de fabrication est mis au point par les Arabes.

Un nouveau fléau apparut à cette période, la peste... et la préparation appelée "le vinaigre des quatre voleurs"


Plus tard le parfum gagne ses lettres de noblesse en Occident, à mesure que l'hygiène recule. De l'utilité notamment pour camoufler les mauvaises odeurs et parfumer les vêtements, en particulier les gants ou les éventails. Le métier de parfumeur est alors associé à celui de gantier ...

Au début du XIXème siècle, les capitales de parfums se multiplient autour de la Méditerranée : Alexandrie, Ath'nes, Venise...  La ville de Grasse devient la capitale des parfums, on y met au point de nouvelles techniques permettant de mieux extraire l'essence des fleurs fragiles, par exemple l'enfleurage : 


La dernière révolution a lieu vers 1860, avec l'essor industriel et publicitaire dont les conséquences sont considérables : conditionnements fabriqués en séries, apparition des grands magasins qui démocratisent la parfumerie et, surtout, arrivée des premiers produits de synthèse, et le "Head space"


L'alambic tel que nous le connaissons s'est généralisé au XIXème siècle, après la généralisation dans les villes d'Orient, telles qu'Istanbul, Le Caire.. 

Sources: Artemisia museum "Atelier du parfumeur", de ce que Tachka nous a dit, et internet

Nous faisons un peu de place pour le pique-nique, merci à celles qui ont apporté des douceurs ... Tarte aux chanterelles, croquants, gâteau aux pommes, biscuits au thé matcha.. 



Hélène prépare des encens à l'extérieur : 
 
Myrrhe : gomme-résine de l'arbre à myrrhe
Storax : Substance résineuse de certaines espèces de styrax, comme l'aliboufier.
Oliban ou Encens : résine de l'encensier
Résine de pin

Opoponax (encens du lion) : résine, extraite de la tige de certaines espèces d’arbustes du genre Commiphora, 






Une brise complique un peu l'incandescence mais nous pouvons tous sentir les différents encens.




Pour fabriquer notre  parfum, nous avions ce schéma, une pyramide olfactive, proposé par Artemisia museum "Atelier du parfumeur" . Il fallait être précis, dans le comptage des gouttes, dans la pesée ...


NOTE DE TÊTE
Fortement volatile

4 huiles essentielles à choisir parmi celles-ci :

cédrat, pamplemousse, bigaradier*, mandarine, gingembre, romarin ...

* Le bigaradier est l'arbre du parfumeur, on utilise aussi bien les jeunes feuilles que les tous petits fruits

Nous avons évoqué le gingembre que Jeannine fait pousser. J'ai planté également un morceau de rhizome il y a quelques années et la belle plante a fleuri... une seule jolie fleur au doux parfum...


Les citrus : cédrats, limes, pamplemousses et mandarines 
à partir de ces Citrus, ce sont des hybrides

NOTE DE COEUR (elle apparait avec les Romains)
Moyennement volatile

4 huiles essentielles à choisir p armi celles-ci :
rose, jasmin, géranium bourbon, géranium rosa, lavande, palmarosa (plantes herbacées de la famille des Poacées), ylang ylang ....

Le jasmin et l'ylang ylang sont très utilisés en parfumerie




NOTE DE FOND (pas de fleurs, pas de Citrus)
Plus faiblement volatile

2 huiles essentielles à choisir parmi celles-ci :
pistachier lentisque, laurier, cannelle feuille, cannelle écorce, encens, gattilier, cardamome, patchouli, copaiba etc.. 

Sauriez-vous dire à quoi ressemble le patchouli? Est-ce un arbre, une herbe, une plante??? Il s'agit en fait d'une lamiacée, à savoir de la même famille que le thym, le romarin, la sauge etc.. 
On utilise la feuille. Le patchouli servait d'anti-mites dans les coffres de cachemire.


Quant au copaiba, on l'obtient après distillation de la résine qui exsude, après incision, du tronc du copaïer ou copayer (Copaifera officinalis), arbre de l'Amazonie.

Nous comptons les gouttes, à l'aide d'une pipette, ou directement avec le flacon d'huile essentielle, en veillant à ne pas intervertir les bouchons ... une balance nous permet de compter en grammes.. Nous sentons, sélectionnons, rejetons.. Pourquoi ne pas noter comme pour les pâquerettes : j'aime un peu, beaucoup passionnément, pas du tout ... afin de nous aider à mémoriser chaque huile essentielle... 

Après chaque dosage, nous rajoutons 10 gouttes d'alcool à 70°.. et mélangeons bien... 




Tachka complète nos béchers par de l'alcool.. et nous versons le tout dans les flacons vaporisateurs... 3 semaines au réfrigérateur, afin que toutes les molécules se mélangent bien, et nous pourrons utiliser notre eau de toilette ..
Eau de toilette : 10 à 20% de matière première
Eau de Cologne : plus d'alcool (c'est ce que nous aurions obtenu si nous avions rempli notre flacon - la lavande et le romarin entrent souvent dans la composition des eaux de Cologne
Eau de parfum : 25 à 30% de matière première
Absolu de parfum : Il s'agit de la plus forte concentration de parfum

Pour terminer, une petite question :
Savez-vous pourquoi nous voyons de plus en plus des champs de sauge sclarée?? Nous en avions vu en allant au Saut du Moine au mois de juin


Réponse :  
cette plante contient du sclaréol qui sert de liant aux autres molécules odorantes

Nous repartons du gite des Mésanges, enivrés par toutes ces odeurs, avec la satisfaction une fois de plus d'avoir passé une excellente journée ensemble.

Un grand merci à Claire GC, et à Hélène pour la mise en place de cet atelier, à Suzanne pour la mise à disposition de son domicile, à Tachka pour son animation très intéressante et ludique...  et à Catherine B. pour la relecture.




 

mercredi 20 novembre 2024

Lundi 18 novembre 2024 : Balade entre Grambois et le hameau de Fiéraque


                                         Nous sommes des botanistes amateurs. 

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, merci de nous le signaler en commentaire

Belle balade aujourd'hui encore.. Nous étions 26 à partir du gite des Mésanges à Grambois, la petite brise matinale nous incitait à mettre bonnet et gants, mais la journée s'annonçait ensoleillée..

Nous repérons les feuilles de la leuzée conifère Rhaponticum coniferum,

quelques rosettes de  Crepis bursifolia, du thym, du romarin en fleur,


quelques fleurs et fruits de l'Anthémis des teinturiers - cota tinctoria - cette fleur appartient à la famille des Astéracées. Elle permet d'obtenir en teinture de magnifiques jaunes ... 

Une fleur ligulée (pétales soudés) ci-dessous, il s'agit bien d'une fleur à part entière.



Sitôt arrivés sur la colline, les arbousiers nous entourent. Nous avions vu les arbousiers sur la même colline, ainsi qu' à Lamanon :

http://assobrindherbenature.blogspot.com/2015/11/balade-du-lundi-30-novembre-2015-lamanon.html?m=1

 L'arbousier - Arbutus unedo

Famille des ÉRICACÉES

(même famille que la bruyère (Erica)



La majorité des Ericacées ont une corolle en grelot. 

L'arbouse étant plus agréable à l’œil qu'au palais, on n'en mange jamais plus d'une
 (unum edo = j'en mange un) 

Fleurs d'octobre à janvier : fruits contemporains (fleurs de l'année précédente)
Il croît sur tout le pourtour de la Méditerranée, s'en écartant seulement pour une irradiation en climat atlantique jusqu'au sud de l'Irlande.

Usages :  

Sa digestibilité fraîche est très faible, on ne saurait en abuser.
Les arbouses se prêtent par contre fort bien à la fabrication de confitures. Il faut avoir soin d'utiliser le tamis après le passage à la moulinette, afin de rejeter toutes les graines, toutes les granules de la peau.  En Corse, on fait un vin d'arbouses en laissant les fruits écrasés macérer dans l'eau jusqu'à fermentation. Au Portugal, on en tire par distillation une eau de vie non dépourvue de qualités ; "le Medrono".
Le bois, dur, lourd, au grain fin, au riche coloris variant du rougeâtre au rouge-brun en passant par le cramoisi, prend un beau poli et peut servir, après séchage, à des ouvrages de tour et de menue ébénisterie. C'est un excellent combustible et le charbon qu'on en tire est un des plus fins, un des meilleurs qui soient. 

 

 


Chez cet arbousier - Arbutus unedo - on voit bien l'ovaire superposé sur un disque nectarifère très visité par les abeilles. L'androcée* est constitué d'étamines aux filets poilus élargis à la base (10 étamines). Les anthères** qui ne s'ouvrent pas par des fentes mais par deux pores apicaux***, portent sur leur dos deux petits appendices crochus. Ce caractère est la règle chez les Ericacées, parfois désignées pour cette raison sous le nom de "bicornes"



*Androcée : désigne l'ensemble des étamines de la fleur
** Anthère : C'est la partie de l'étamine qui contient les "sacs polliniques", celle dans laquelle est produit le pollen
***Apical : qualifie ce qui est à l'extrémité ou au sommet d'un organe
Texte , photos et définitions en vert ci-dessus extraites du "dictionnaire visuel de botanique" de Maurice Reille 

Le bord de ce "grelot" forme un petit feston, on dit que c'est une corolle urcéolée. 


L'arbousier peut être un arbre remarquable, en témoigne ce superbe tronc découvert autour de l'ermitage Saint Pancrace, où nous sommes allés après le pique-nique.


 

 Les arbousiers voisinent avec les viornes tin (ou lauriers tin) - Viburnum tinus - dont les fruits  sont d'un superbe bleu-noir .. Claude insère les branches fleuries dans ses couronnes de Noël, bonne idée!


Le chêne vert (appelé aussi yeuse - nom féminin) - Quercus ilex  s'accommode très bien de la proximité du chêne kermès - Quercus coccifera
Petit rappel pour les différencier : Les feuilles du chêne kermès sont lisses, et vertes aussi bien sur le dessus que sur la  face inférieure. 


Le chêne vert présente un duvet blanc sur la face intérieure (voir photo ci-dessous pour ce dernier, tout en sachant que les feuilles n'ont pas toujours exactement la même forme)


Mais, comme nous l'avions vu à Villars, puis Jouques, les champignons sont les rois de l'automne .... Explications de Marie-Thérèse, qui ne peut éviter la sempiternelle question quand il s'agit de champignons : "il est comestible?" La prudence consiste à ne consommer que des champignons que l'on connaît... Nous avons ainsi pu aujourd'hui cueillir des girolles, des pieds de mouton, des lactaires sanguins..



D'autres champignons, beaux à voir ... à observer, en essayant de déterminer à quelle famille ils appartiennent... 

Observons le champignon suivant, il n'y a ni anneau, ni volve, le pied est radicant, il est gluant, à lame, les lames sont adnées, le pied est granuleux. 
C'est un hygrophore. 


Il convient aussi de se référer à des ouvrages récents... Nous sommes nombreux à avoir mangé des helvelles, "dans le temps"... à présent "Toutes les helvelles ( environ 20 espèces) sont toxiques. Il ne faut pas les consommer.
Il en est de même pour les clavaires.

     

Clavaire anisée - Ramaria gracilis


Nous sommes attirés par ce champignon qui exsude une goutte rouge sang; sur le dessous, de petits aiguillons, ce champignon appartient à la famille des Hydnes ( les 2 photos ci-dessous-


Mais qui a posé la question "est-ce que ça se mange?" assurément un Brin d'herbe, mais l'histoire ne dit pas lequel ... (ou plutôt laquelle ...)

Marie Do nous avait envoyé la photo du champignon Hydnellum ferrugineumrencontré lors d'une balade ..


Pour connaître le groupe d'un champignon, il convient de regarder en-dessous. Dans le cas du champignon que nous observons, il n'y a pas de lamelles, il n'y a que des pores minuscules, microscopiques, d'une couleur rouille/marron, le pied est radicant, à la couleur de betterave.  En l'ouvrant, nous constatons un bleuissement, il s'agit du bolet de Quélet, Suillellus queletii



Phellodon niger 



Nous observons une vesse-de-loup,à l'allure de montgolfière. 




Voici un autre champignon, très élégant celui-là... 


L'Oreille-de-lièvre ou Oreille-d'âne : Otidea onotica 


Nous longeons un champ de roquette sauvage - Diplotaxis erucoides - que nous connaissons tous, tant elle est abondante dans les vignes et champs...




Dans un autre champ, nous pouvons admirer le Salsifis des prés -   Tragopogon pratensis - différent du salsifis à feuilles de poireau - Tragopogon porrifolius que nous avons coutume de voir au printemps. 
Famille des Astéracées.



En périphérie, une seule rangée de bractées.
Nous observons les fleurs ligulées, de différentes  tailles 
Sur la photo ci-dessous, nous voyons assez bien les dents de chaque fleur ligulée, nous pouvons en compter 5 :  la fleur ligulée est la réunion de 5 pétales (et non pas un seul pétale), elle est pentamère.


Au coeur du capitule, les stigmates se terminent en fourche, qui surmontent  un manchon marron, ce sont les anthères soudées entre elles pour faire un tuyau.


Et enfin, le superbe dessous du capitule.





Dans le champ, nous trouvons aussi du sainfoin,

 Nous voyons  une plante jaune qui nous fait penser à la moutarde des champs -  Sinapis arvensis , mais il est nécessaire d'avoir le fruit pour affirmer qu'il s'agit bien de cette plante. Par chance, nous trouvons les fruits ...



Le fruit est une silique

Plante annuelle de 30 à 80 cm de haut, à feuilles découpées en folioles inégales, à fleurs jaune et siliques dressées, presque sessiles, bosselées, glabres, portant un bec conique, un peu plus court que les valves, parfois appliquées contre les tiges. Très répandue dans les cultures.

Les jeunes pousses peuvent être consommées. Les graines une fois moulues peuvent donner une sorte de moutarde.




Peu de couleurs "automnales", les feuilles de vigne, qui nous proposent généralement un kaléidoscope  de couleurs, nous paraissent ternes ...


L'aigremoine fait exception...

et bien sûr l'érable champêtre - Acer campestre...

 à ne pas confondre avec l'érable de Montpellier - Acer monspessulanum dont les feuilles ne comprennent que 3 lobes



A la fin du pique-nique, Marie-Thérèse nous montre le nostoc, aussi appelé "crachat de lune", qui a  la capacité de se déshydrater complètement, puis de se réhydrater très rapidement, en quelques heures. Un peu de rosée nocturne ou une pluie suffisent à le "regonfler" et le ressusciter.



Orchis géant - Himantoglossum robertianum -


Après le pique-nique, une descente un peu glissante nous permet d'accéder à la route, puis au site de l'ermitage de Pancrace



L'ermitage de Saint-Pancrace est un ancien édifice monacal inscrit aux monuments historiques. 

Il est situé sur le domaine du château de Pradine. Propriété privée, l'édifice ainsi que la chapelle ne se visitent pas. En parcourant les allées de cyprès nous découvrons ce cimetière, avec la consigne nécessaire de ne pas faire de bruit. Le lieu de toute façon se prêtait à une certaine sérénité. 
Paisible, l'ermitage de St Pancrace, patron de Grambois, se niche sur une hauteur boisée, proche de la route de Vitrolles. Une petite chapelle médiévale (XIVe siècle) s'y adosse, que Jean Giono célébra de toute sa verve. Ce lieu hors du temps est depuis longtemps cher aux Gramboisiens, qui entretiennent avec lui des liens de fidélité séculaires. Dès le XVe siècle, St Pancrace devient, chaque année aux alentours du 14 mai, un haut lieu de la vie du village : une procession rejoint la chapelle, où se tient aussi une foire réputée qui attire les populations des environs. Au XVIIe siècle, la communauté fait bâtir l'ermitage, qui sera habité jusqu'à la Révolution.

Mais à la Révolution, la chapelle fut vendue comme bien national (1793), et l'ermitage, 20 ans plus tard, devint propriété de Joseph Bonnin, riche négociant marseillais. C'est à cet homme que l'on doit le cimetière familial établi tout à côté, où, entre les cyprès qui bordent les allées, se dresse une imposante pyramide, ajoutant sa touche de mystère au charme romantique qui se dégage des lieux.

Nous déambulons entre les allées de cyprès, découvrant le cimetière atypique, datant XIXe siècle, avec des tombes clairsemées ici et là, de différentes formes. 

Un tombeau en forme de pyramide se dresse devant nous, sur l’une de ses faces est écrit : « Ci-git qui pour la terre avait trop de vertus, le ciel en fut jaloux, le ciel nous l’a ravie, ses charmes ont péri… Mais son âme affranchie est au sein de son Dieu…Ah! Ne la pleurez plus, le 19 juin 1819 est décédée à Genève Joséphine Honorine Thomelin, épouse Bec, née à Marseille le 18 octobre 1791, inhumée le 26 à Plain-Palais dans le cimetière catholique, exhumée le 14 août et transférée à Grambois où elle a été inhumée de nouveau et déposée dans ce tombeau le 4 octobre 1819 »






Jocelyne a pu lire cette citation sur une tombe :
 "ils furent comme vous libres fiers et lucides ,ceux qui reposent là dans la paix du cercueil,  Ne pas démériter fut leur tranquille orgueil

Ayant pu visiter le parc du château, autorisée par Madame la Comtesse d'Ivernois, Jocelyne se souvient de la citation suivante,  inscrite sur une fontaine :  
Vous qui passez par ce domaine
Profitez de l'air pur et du vaste horizon
Et si c'est l'amitié qui chez nous vous amène
Dites vous en passant, voilà notre maison!






La chapelle médiévale accolée à l'édifice est datée du xive siècle et a été prolongée au XVIII par un porche comportant des fresques réalisées au début du XXème siècle en utilisant les techniques du Quattrocento.  Elles représentent une piéta Georges Dufrénoy) , l'adoration des bergers et des rois (Pierre Girieus) et un Sermon dans la montagne (Alfred Lombard) 





Nous quittons à regret ces lieux enchanteurs, avec le sentiment de les avoir respectés, même si Jocelyne a dû rassembler le "troupeau", les "brebis" s'égarant facilement dans les allées!! L'espace incitait à la découverte de ce patrimoine, telle est notre excuse....

Connaissez-vous les myxomycètes?




Claude continue sa collection de coeurs, cette fois-ci il est fait de mousse....


 Houx - Ilex aquifolium



De retour aux voitures, Marie-Thérèse a apporté des oranges des Osages, ainsi que des citrons Poncirus. 
Nous attendons les photos des mini citronniers épineux Poncirius..

Nous sommes trois à suivre Claire vers la propriété viticole de Vitrolles :

http://www.lacabrery.org/longo-mai/


Photographes du jour : Annie, Guy, Jeannine, Marie-Thérèse, Nadine M.
Merci à eux, ainsi qu'à Marie-Thérèse pour ses explications et corrections, à Jocelyne et Claire pour nous avoir guidés, à Catherine pour son aide...