Nous sommes des botanistes amateurs
Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de plantes, merci de nous le signaler en commentaire.
Nous avions rendez-vous à 10 heures. Nos 5 voitures ont pu se garer facilement. Nous étions finalement 15.
Bernard, Catherine, Jackie, Linda, Françoise A., Françoise d.B, Guy, Marie Christine, Marie Do, Marie-Thérèse, Martine, Michèle, Nadine, Suzanne, Sylvie,
Des parterres de cyclamens se révèlent au détour du virage... Il s'agit des cyclamens de Naples ou cyclamens à feuille de lierre, Cyclamen hederifolium, de la famille des Primulacées.
Ce cyclamen fleurit à l'automne, avant les feuilles. Il est en voie de naturalisation.
Marie-Thérèse nous en explique les différentes parties de cette fleur.
Si nous la retournons, nous pouvons observer le calice, constitué de cinq petites dents qui correspondent aux sépales.
La corolle est formée de cinq pétales soudés entre eux à leur base. Elle présente cicinq lobes réfléchis vers l'arrière, qui se terminent par de petites "oreillettes".
Au cœur de la corolle, nous distinguons une petite pointe qui dépasse : c'est le style, partie de l'organe reproducteur femelle. Nous observons également cinq étamines, qui constituent les organes reproducteurs mâles.
La fleur possède donc des pièces florales organisées par groupes de cinq : on dit qu'elle est pentamère.
Chaque fleur est solitaire et portée par un long pédicelle.
Après la fécondation, le pédicelle s'enroule progressivement sur lui-même et rapproche le fruit du sol.
Voyez-vous les pédicules enroulés au pied des cyclamens sur la photo ci-dessous?
En déterrant un cyclamen de Naples, pour l'observation, l'une d'entre nous croit soudain heurter une pierre avec son outil. Mais, à sa grande surprise, ce n'est pas une pierre qu'elle vient de découvrir : c'est le tubercule du cyclamen, solidement enfoui dans le sol ! Une belle occasion de découvrir l'ingéniosité de cette plante vivace. Le tubercule est en réalité un organe de réserve qui permet au cyclamen de survivre à la période défavorable et de repartir chaque année.
Le cyclamen de Naples forme de véritables tapis fleuris en sous-bois. Difficile d'en saisir toute l'étendue en une seule photo… Le plus simple est finalement de jouer sur les contrastes : les barreaux permettent de mieux faire ressortir la profusion des petites fleurs roses.
Quelques touffes blanches apparaissent au milieu des roses
Nous poursuivons notre chemin jusqu'au hameau de Bouvène avec quelques observations au passage :
Calament nepeta - Clinopodium nepeta:
Petite plante vivace de la famille des Lamiacées, reconnaissable à sa tige carrée et à ses feuilles opposées. Elle est très aromatique et peut être utilisée en cuisine;
Nous reconnaissons les deux types de clématites que nous connaissons bien à présent, à quelques mètres l'une de l'autre.
La clématite flammette (Clematis flammula), de la famille des Renonculacées, possède des feuilles doublement composées, tandis que la clématite vigne-blanche (Clematis vitalba), de la même famille, présente des feuilles simplement composées, généralement divisées en trois à cinq folioles.
Les fruits permettent également de les distinguer : après la floraison, chaque fleur donne naissance à de petits akènes.
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| Clématite flammette (Clematis flammula) |
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| Clématite vigne-blanche (Clematis vitalba), |
Ce sont les longues tiges souples de la clématite vigne-blanche que nous utilisons pour la vannerie aléatoire, par exemple. Elles se prêtent particulièrement bien à ce type de tressage.
Petite bardane - Arctium minus - famille des astéracées
Les bractées de l'involucre sont terminées par de petits crochets recourbés.
À l'intérieur des capitules se trouvent des akènes, qui sont les fruits secs indéhiscents de la plante. Voilà Guy décoré ... de l'ordre du mérite de Brin d'Herbe!
C'est en observant les capitules crochus de la bardane que l'ingénieur suisse George de Mestral a eu l'idée du Velcro, dans les années 1940. Il a étudié au microscope la manière dont les petits crochets s'accrochaient aux fibres des tissus.
Centaurée rude - Centaurea aspera - famille des Astéracées
Véronique mouron d'eau - Veronica anagallis-aquatica
famille des plantaginacées
Menthe à feuilles rondes - Mentha suaveolens
Famille des Lamiacées
Pulicaire dysentérique - Pulicaria dysenterica
Famille des Astéracées
Nous approchons du hameau de Bouvène.
De grands arbres se parent de couleur jaune : Il s'agit de frênes à feuilles étroites - Fraxinus angustifolia - Il appartient à la famille des oléacées comme l’olivier, la filaire, le lilas et le troène.
Petit rappel de l'initiation botanique :
Derrière les vignes, nous apercevons les orangers des osages dont le feuillage commence à se parer des belles teintes jaunes de l'automne.
Les fruits de l’oranger des Osages, relativement lourds, tombent naturellement au sol à l’automne. Mieux vaut donc éviter de stationner sous ses branches, au risque de recevoir l’un de ces imposants fruits sur la tête !
Marie-Thérèse a rédigé un bel article sur les orangers des osages, en voici le lien ;
Nous pouvons admirer la vue sur le Colorado et les cheminées de fée depuis le chemin :
Nous n'avons plus accès aux cheminées de fée, à cause de l'érosion, nous ne verrions plus cette cheminée de si près.
Au sommet des formations ocreuses se trouve une cuirasse ferrugineuse. Lorsque la calotte se détache, les sables sous-jacents sont directement exposés à l'eau et au vent et s'érodent plus rapidement. En-dessous de la calotte, des sables ocreux, des sables plus clairs et une formation ocreuse plus ancienne.
Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, cliquez sur le lien ci-dessous!
Nous quittons le chemin et entrons dans l'espace du Colorado, pour arriver devant l'aqueduc. Celui-ci, construit en 1760 pour le moulin à farine de Bouvène, a été utilisé pour l’ocre dans les années 1940. Prolongé par une canalisation suspendue, il servait alors à re-décanter l’eau chargée de sables résiduels des trois bassins en amont sur la rive Est dans un bassin au Nord de la Doa.
Autrefois, l’eau coulait en permanence dans cet aqueduc, mais ces dernières années, il était complètement à sec… Quel bonheur de voir l’eau y couler à nouveau et de retrouver ces petites flaques à traverser !
La prêle la plus grande d'Europe
La prêle a des feuilles verticillées, elle présente une organisation un peu plus spécialisée que celle des fougères : elle possède deux types de tiges bien distincts, une tige fertile, qui porte les organes reproducteurs, et une tige stérile, dédiée à la photosynthèse. Cette différenciation constitue une particularité évolutive.
Aulne glutineux - Alnus glutinosa
Le pin maritime - Pinus pinaster - et le pin sylvestre - Pinus sylvestris - cohabitent dans le Colorado provençal, où ils s'adaptent aux particularités des sols siliceux et sableux. Ils partagent cet environnement avec le ciste à feuilles de laurier - Cistus laurifolius - dont les fleurs sont blanches au printemps.
Nous nous arrêtons à l’ombre pour pique-niquer. Un garde vient nous interpeller pour nous rappeler qu’il est interdit de manger sur le site. Nous lui faisons remarquer que nous sommes pratiquement à la fin de notre repas et qu’aucun papier ne traîne autour de nous. Nous lui disons que comprenons toutefois parfaitement cette interdiction, compte tenu du nombre important de visiteurs.
Nous nous souvenons du temps où nous pouvions déambuler librement dans tout le site. Depuis, des barrières ont été installées afin d’éviter que les visiteurs, adultes comme enfants, n’escaladent les buttes et ne contribuent ainsi à leur importante érosion.


Sur le chemin du retour, Marie-Thérèse s’arrête pour observer une plante… Heureusement, Suzanne est là pour lui tendre la main !
25 ans déjà que Brin d’herbe existe ! La plupart des adhérents nous accompagnent depuis plus de 10 ans… Autant dire que nous avons partagé de belles aventures, de nombreuses découvertes ....
Mais le temps passe, et nous commençons à sentir un peu le poids des années… Heureusement, l’entraide et la bonne humeur sont toujours au rendez-vous !
Nous avions rendez-vous avec Monique pour la visite privilégiée de l'ancien musée de Rustrel, situé au centre du village.
Le moulin à huile de Rustrel a fonctionné du milieu du XVIIIe siècle jusqu'au débu
des années 1930.
Fonctionnement : c'était un moulin dit « à sang », c'est-à-dire actionné par la force animale.
HISTOIRE DU BÂTIMENT
Le quartier dans lequel se situe le moulin à huile s'est construit entre 1699
et 1715
Ce bâtiment n'a pas été conçu pour être un moulin à huile d'olive, mais pour abriter les calèches de son propriétaire, dont les écuries se trouvaient en face.
Ce n'est que quelques décennies plus tard, au milieu du XVIII ème siècle, que le bâtiment a changé d'affectation pour devenir un moulin à huile.
Les traces de sa première vocation sont encore visibles dans le bâti : sur le mur Est, on distingue les trois portes cochères et une quatrième plus petite.
Le propriétaire du bâtiment s'était d'ailleurs servi d'une des trois ouvertures plus larges pour y installer les presses du moulin selon le modèle des pressoirs à chapelle.
Ce moulin a fonctionné jusqu'au début des années 1930. Les principales causes de l'arrêt de la production semblent être, d'une part, la baisse de la production d'olives à Rustrel à cette époque et, d'autre part, la nécessité d'investir pour l'achat d'un nouveau broyeur, l'actuel étant trop usé.
Ce moulin à huile n'était pas le seul à Rustrel : la communauté en possédait déjà un lorsque ce moulin privé à ouvert ses portes. Puis en 1880, alors qu'il produisait encore, un second moulin privé doté d'un équipement plus moderne (avec des presses métalliques), commence sa production d'huile d'olive.
Ce moulin n'est donc pas le seul à Rustrel, mais il est le mieux conservé (notamment parce qu'après l'arrêt de la production, ses nouvelles affectations n'ont pas ou peu modifié le lieu).
Ci-contre, une des deux presses métalliques du moulin à huile privé qui a ouvert ses portes en 1880.
C'est un pressoir à cliquet de type deuxième génération COQ.
Implantation : il était installé dans une dépendance, une ancienne remise à calèches, appartenant à la propriété de l'ancien notaire royal de Rustrel.
Le musée a conservé une partie de son matériel ancien : broyeur, presses, cabestan et équipements liés à la fabrication de l'huile d'olive. Il a ensuite été transformé en musée.
LE STOCKAGE DE L'HUILE
Il y a plusieurs types de contenants pour stocker l'huile:

- Des comues en bois (que nous ne possédons plus).
- Des jarres en terre cuite, vernissées à l'intérieur et fermées par un boucton en bois. Ces james peuvent être de différentes tailles.
- Des bidons de stockage en fer blanc étamés à l'intérieur, dont les plus grands sont munis d'un robinet permettant de se servir plus facilement en huile.
La feuille
Cet instrument sert à « cueillir » l'huile qui surnage au-dessus de l'eau de végétation après la décantation. Le moulinier recueille l'huile à l'aide de la feuille et la verse dans les jarres de stockage.
Tout comme les autres outils que nous ne possédons plus, la feuille pouvait ensuite être posée sur l'égouttoir, construit à côté du broyeur.
Ce musée est très riche en matériel ancien. Un grand merci à Marie-Thérèse et Monique pour nous l'avoir fait découvrir grâce à une visite guidée.
Nous admirons en sortant une magnifique glycine, ornée de ses nombreuses gousses suspendues aux branches.
Pour clore cette belle journée ensoleillée, nous nous sommes dirigés vers Moulin à Huile Du Colorado De Rustrel, où nous avons pu goûter les huiles d'olive vendues, https://www.moulin-provencal.fr
Le carnet de balade botanique de Marie-Do
Un grand merci à tous pour cette belle journée, pour la balade guidée, pour les photos partagées ... pour le plaisir de se retrouver.