jeudi 16 novembre 2023

Arboretum de Saint Lambert le lundi 13 novembre 2023

Nous sommes des botanistes amateurs. Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, 

merci de nous le signaler en commentaire


Rendez-vous sur le parking à Saint-Saturnin-lès-Apt. Catherine, Camille,  Eliette, Françoise A, Guy, Françoise dB, Jackie, Marie-Thérèse, Michèle, Monique G., Nadine M. , Nadine R., Renée, Valéria, Viviane, ont répondu à l'appel. 

Le long de la  route qui nous a conduits à l'arboretum, nous avons pu admirer les couleurs flamboyantes des fustets puis des érables rouges (érables à feuille d'obier), cornouillers sanguins, etc... 

L'arboretum de Saint-Lambert est un arboretum d’élimination (nous aurions plutôt pensé au mot "acclimatation"), 44 espèces d’arbres ont été testées, 28 conifères et 16 feuillus.

Les feuillus sont presque tous morts, il reste le frêne à fleurs, le charme houblon, l’érable negundo, qui ne sont pas supérieurs aux chênes locaux.

L’adaptation des pins noirs est confirmée, ce sont ses différentes origines qui sont comparées (Corse, Calabre) 
Pour les autres résineux ayant survécu, leur croissance est faible, ils végètent.
Aujourd’hui ces méthodes sont abandonnées, les forestiers favorisent les espèces locales.
Ce qui reste de l’arboretum nous permet de découvrir quelques espèces exotiques.

Nous observons tout d'abord les panneaux explicatifs : le panneau avec les essences qui ont été plantés, le cycle de la forêt ... Marie-Thérèse nous explique le parcours que nous allons faire, l'arborétum, mais aussi la parcelle où ont été plantés des sapins de Céphalonie. Nous terminerons par la route des Indochinois avec un point de vue sur le Ventoux, à la limite du mur de la peste. 

Le sentier de l'arborétum fait une boucle de 800 mètres. 


Des panneaux explicatifs nous incitent à rechercher l'arbre autour du dit panneau .... Ces panneaux sont parfois difficiles à lire, ne sont pas toujours complets dans leur explications, mais ils ont le mérite d'exister... 


Marie-Thérèse a prévu des clés d'identification des conifères.
Nous observons le tronc, le port général, les aiguilles, les cônes...

Le pin noir comprend plusieurs sous-espèces, le plus commun est le pin noir d'Autriche, le pin noir Laricio -  Pinus nigra de Corse.
Nous observons le pin laricio de Calabre.

D'après la clé simplifiée de détermination créée par Marie-Thérèse, 
nous repérons les éléments suivants qui nous permettent d'affirmer que nous sommes bien en présence d'un pin :

- Feuilles en forme d'aiguilles
- Ces aiguilles ne sont pas solitaires
- Elles sont réunies par deux (ou plus) dans une gaine insérée sur le rameau


L'érable champêtre- Acer campestre a deux samares opposées, il se pare d'une jolie couleur jaune à l'automne. Les samares sont des fruits secs avec une aile pour la dispersion.



Nous verrons plus loin l'érable de Montpellier -   Acer monspessulanum


Nous nous interrogeons sur le prunellier (épine-noire) -  Prunus spinosa, 
la couleur des drupes  n'étant pas celle à laquelle nous sommes habitués :





Clé d'identification à l'appui nous regardons à présent le sapin pectiné.
Comment reconnaître un sapin?
- Les feuilles sont en forme d'aiguilles
- Ces aiguilles sont solitaires sur le rameau
- Elles sont disposées sur 2 rangs dans un même plan




Les aiguilles sont planes, disposés sur le rameau comme les dents d'un peigne, d'où le nom de Sapin pectiné - Abies alba. Elles ont deux raies blanches dessous qui correspondent à l'alignement de stomates, à savoir les trous d'aération permettant des échangeas gazeux de la photosynthèse et de la respiration ... .
Une petite échancrure se trouve en haut  de l'aiguille; 
vous la voyez sur la photo ci-dessous?




Les champignons Mycène de Seynes Mycena seynii ne poussent que sur les cônes. 


Oreille-de-Judas
Auricularia auricula-judae





Nous trouvons rarement des cônes de sapin entiers car ils se desquament en tombant. 
Chaque écaille porte sur sa face inférieure deux graines qui sont ailées. La petite pointe qui dépasse sur la face supérieure est la bractée. 




Sapin de Turquie 
Abies Bornmuelleriana


Nous avons eu la chance de trouver au sol deux ou trois cônes entiers de ce sapin. 

Ecorce du sapin de Turquie 



Le charme-houblon - Ostrya carpinifolia


Le panneau est abîmé... mais nous parvenons à lire que  les feuilles dentelées ressemblent à celles du charme, 
ses fruits, regroupés en grappe, rappellent ceux du  houblon.. d'où son nom..



Pin à bois lourd
Pinus ponderosa



Observez ses longues aiguilles groupées par 3,
 les écailles du cône sont munies d'un piquant.


Pin à gros cônes
Pinus coulteri





Ok, des cônes plus gros que les autres, direz-vous... 
Si je vous dis que le pin est aussi appelé "faiseur de veuves", 
vous allez imaginer un cône de taille conséquente, pouvant blesser sérieusement...
Mais ceci est une légende car le cône ne peut pas tomber en entier, 
il va se desquamer...  et c'est tant mieux!

Difficile donc de se représenter la taille de ce cône...
sauf que..
Marie-Thérèse en a apporté un ...
Elle nous l'a montré lors du pique-nique (vous en déduisez donc que le cône a été prélevé directement sur l'arbre)



Ce cône est lourd!

Marie-Thérèse nous montre aussi le cône du pin de l'Himalaya, 
Pinus graffiti


Quel est cet arbre qui nous offre un kaléidoscope de couleurs?
Première observation infructueuse... 



À cinq nous trouverons peut-être... 
Mais nous donnons notre langue au chat... 


Marie-Thérèse nous révèle son nom...
Il s'agit du frêne à fleurs - Fraxinus ornus



L'alisier blanc
 Sorbus aria



Ses fruits, les alises, de couleur rouge ou orangée, sont de fausses drupes ovoïdes très appréciées des oiseaux



Troène
Ligustrum


Nous allons vers la maison forestière, où nous découvrons le sapin d'Andalousie - Abies pinsapo

Nous avons des aiguilles solitaires, très courtes (de 7 à 17 mm), piquantes, disposées en écouvillon (tout autour du rameau). 


Si nous retirons une aiguille (sur la photo ci)-dessous 3 ont été retirées) nous observons un petit disque rond, une "cicatrice" . Si nous tirions sur une aiguille d'épicéa, il viendrait un petit lambeau


Retour vers le parking, nous pouvons pique-niquer juste à côté des voitures, deux tables et bancs pour nous accueillir.. 




Nous reprenons la voiture pour nous rendre vers la plantation des sapins de Céphalonie - Abies cephalonica .... Nous admirons les couleurs 



Quelques coulemelles - Macrolepiota procera



Montage réalisé par Marie-Thérèse


Sapin de Céphalonie
Abies cephalonica 
avec les superbes "chandelles" qui sont le rachis des cônes 
une fois les écailles tombées




Avant de clore la journée, nous nous dirigeons, toujours en voiture, vers le point de vue, à l'endroit où était le mur de la peste. Nous avons une superbe vue sur le Ventoux.





Merci aux photographes, Guy, Marie-Thérèse
et Merci à Marie-Thérèse pour les corrections























mercredi 8 novembre 2023

Atelier KOKEDAMA à Buoux le Lundi 6 janvier 2024

    Nous sommes des botanistes amateurs. Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, 

merci de nous le signaler en commentaire




"Le Kokédama, sphère magique de la décoration florale".

La technique du kokedama (littéralement: «boule», dama ; «de mousse», koke) consiste à faire pousser une plante ou une petite composition végétale dans un substrat arrondi et verdoyant que l'on dépose ensuite sur une coupelle de grès, une ardoise ou un vieux bout de bois.


L’art du kokedama en quelques lignes

Le kokedama est un art récent aussi bien au Japon qu’en Europe. Il est la synthèse, ou plutôt un point de jonction, entre de nombreux arts ou arts de vivre. Si l’on considère les arts traditionnels japonais il est à mi-chemin entre le bonsaï et l’ikebana. A l’opposé il peut tout aussi bien basculer dans un style très « pop », kawaï en japonais.

Le kokedama c’est également le plaisir de cultiver des plantes avec une approche plus naturelle, plus bio, car sans pot en plastique. C’est une reconnexion avec la nature pour tous ceux qui vivent en ville. Le temps d’un instant on remets les mains dans la terre et dans les plantes, même si on vie dans un appartement, et on peut décorer son intérieur et y apporter une touche de verdure et de couleur.

On a donc trois grands courants qui s’y rejoignent : les arts traditionnels avec leurs codes et leur esthétique, la culture kawaï, et une approche écologique et proche des plantes et de la nature.

Pour toutes ces raisons on peut trouver une très grande variété dans les kokedamas, tout le monde n’ayant pas la même sensibilité ou les mêmes envies. C’est un véritable espace de liberté pour tous ceux qui veulent s’exprimer à l’aide des végétaux, qui veulent créer quelques chose de nouveau. Les possibilités sont presque infinies.

Le kokedama n’est donc pas qu’une simple boule de substrat avec de la mousse tout autour et une plante plantée dedans. C’est un très beau moyen de sublimer des petites plantes, d’explorer l’esthétique de cet art floral ou de libérer son potentiel créatif.

http://art-du-kokedama.fr/liens/


Nous avions rendez-vous sur le parking avant l'auberge des Seguins à Buoux.
10 brins d'herbe à nous retrouver dans la nature pour un atelier Kokedama :
Camille, Claude, Françoise A, Françoise dB, Geneviève, Hélène,  Marie-Christine, Nadine M., Nadine R, Renée.

Sitôt rassemblées (seule la gente féminine était présente), une petite pluie nous fait sortir quelques parapluies, mais une fois sur le sentier qui longe l'Aiguebrun, les arbres nous ont abritées.

Claude nous explique comment choisir une bonne mousse, pas trop épaisse, compacte... la jolie mousse que nous voyons en haut à gauche du montage photos ne fait pas l'affaire pour nos kokedamas, car la terre serait trop apparente.


Une fois la mousse cueillie, une envie de balade nous incite à aller jusqu'au bout du sentier, puis vers la maison au beau platane, avec le pont en rénovation.



Hélène et Nadine M. veillent sur  la mousse ramassée.
Hélène repère des fragons à la longue tige, qui lui donnent l'idée de commencer un tressage (et de le finir avant le retour des "randonneuses")



Nadine repère des mini plants d'hellébore, de fragons ou de daphné qui pourront être insérés dans les kokédamas... 
en plus des succulentes apportées par les unes et les autres

Mais il est déjà l'heure du pique-nique... vin de sureau, pâte de coing, café partagé...


Il nous suffit de faire quelques pas pour prendre de la belle terre noire, un peu d'argile.. Nous mettons le tout dans un bol, ajoutons un peu de charbon de bois, réputé fongicide, de l'eau. Hélène nous donne une pastille à ajouter... 
Nous devons obtenir une boule de la grosseur d'une boule de pétanque.
L'étape suivante consiste à ouvrir la boule en deux, à placer la plante choisie horizontalement afin que les racines ne s'abiment pas.

La boule refermée, (et éventuellement reformée) nous l'enveloppons de mousse et serrons très très fort pour que l'eau soit évacuée. Nous terminons en entourant le kokedama d'un fil de pêche.

En se faisant aider, c'est mieux !









Choisir un support pierre ou bois ..




Les kokédamas étant terminés, il nous reste du temps pour couper quelques tiges de fragon et nous initier à leur tressage... (les tiges sont très longues vers le bord de l'Aiguebrun)




Proches du parking, nous faisons la connaissance de touristes, étonnés de voir nos productions ... Echanges intéressants. L'association fera-t--elle des émules? 

Fin de cette journée bien agréable, avec ce que la nature nous offre, 
un seul intrus : le fil de pêche!