vendredi 13 octobre 2023

Atelier cyanotype et martelage le lundi 9 octobre 2023

Nous étions à Grambois pour ces deux ateliers, révision ou première expérience pour le cyanotype...










MARTELAGE ou TATAKI ZOMÉ

Il semblerait que le tataki (marteler) zomé (teindre) soit considéré (à tort) comme étant un art ancestral japonais. Cependant il n’existe pas à ce jour d’artiste ou d’artisan japonais qui se réfère à cette technique. Cette technique était également utilisée chez les indiens Cherokees et par les Égyptiens.

Il faut utiliser des plantes riches en tanin (voir liste) et préparer les supports avec l’étape du mordançage si vous voulez obtenir des impressions durables et bien visibles. Le martelage va libérer la chlorophylle des plantes fraîches, mais ce ne sont que les tanins qui vont permettre d’obtenir un résultat fixé dans le plus ou moins long terme.

Les fleurs donneront en général de belles couleurs, mais il est presque impossible de les stabiliser. Peu de fleurs ont assez de tanin, et leurs pigments colorés ne résistent pas à la lumière et s’estompent avec le temps. Il faut donc les fixer au fer à repasser et ne pas rincer ni laver.
Si l’on emploie le sulfate de fer, il va assombrir les couleurs des feuilles en réagissant avec les tanins présents. Des teintes grises, noires, marron, bleues à violettes, vert-bronze vont alors apparaître au contact du fer et seront fixées.
Le vinaigre va aussi permettre de fixer, mais les teintes vont légèrement se modifier pour passer à des teintes marron clair, vert- brun ou beige selon les végétaux.
La couleur obtenue sera plus foncée en été et en automne au moment ou les plantes atteignent leur maturité
Selon la saison, l’endroit ou la plante est collectée, les matériaux utilisés et les parties de la plante, les résultats varieront, et c’est ce qui rend magique cette technique.
Les tiges et les cœurs des fleurs sont souvent gorgés d’eau ou de jus, n’hésiter pas à les enlever ou marteler doucement.

1 Le « martèlement n’est pas du tout assimilé à la force et au broyage des végétaux, mais plutôt à un rythme de frappe régulier-une activité plutôt méditative.

COMMENT PROCÉDER ?

S’installer avec une planche sur une table solide ou sur les genoux. Prendre un morceau de tissu et y disposer les végétaux que l’on a choisis, ce tissu sera le tissu final de la création. Un deuxième coupon de tissu fin est utilisé pour protéger lors du martelage, qui vient se positionner par-dessus le tissu cible ; On peut aussi choisir un tissu plus grand et le plier en deux ; Repasser les tissus pour ne pas avoir de pliures

Je peux procéder de deux façons :
-Soit en rajoutant une épaisseur de tissu fin par dessus ma composition de plantes sans bouger mon tissu cible, face à moi. J’obtiens des impressions sur les deux tissus plus ou moins marquées - soit en retournant mon tissu cible contre la planche après avoir maintenu tous mes végétaux avec du ruban adhésif. Je positionne le deuxième tissu fin par dessus pour protéger du martelage. Les impressions sont plus diffuses sur ce deuxième tissu et plus intense en général sur le tissu cible.

1 Sur une table ou au sol installer une planche.
2 Positionnez le tissu bien à plat, maintenez le avec du ruban adhésif de masquage si besoin
3 Disposer les végétaux, selon le coté l’impression sera différente, le coté lune donne en général plus de relief et de marques sur le support, alterner les côtés soleil et lune.

4 Maintenir les végétaux avec du ruban adhésif à certains endroits, marteler peut faire bouger. Sinon vous pouvez les disposer au fur et à mesure. Vous pouvez prendre une photo de la composition pour la mémoriser avant de recouvrir. 





Une belle journée de découvertes
Nous étions 12

Bernard, Claude, Claire G., Danielle, Françoise A. Hélène, Manon, Marie Do, Michèle, Nadine M. Suzanne, Véronique,








samedi 7 octobre 2023

Assemblée générale à Villemus le 18 septembre 2023, visite du Prieuré de Carluc

L'assemblée générale était prévue en plein air à Carluc (84 Céreste) mais les prévisions météorologiques nous ont contraints à adopter la  solution de repli prévue par Hélène, à la salle des fêtes de Villemus.

Nous avons quand même pu faire la visite du Prieuré de Carluc, guidés par l'historienne Isabelle Grenut.

C'était la rentrée de nature des Brins d'Herbe, nous étions contents de retrouver les copains (en petit nombre!) et les nombreuses copines...


Isabelle Grenut avait la clé de l'église ... privilège pour nous!










Nous nous dirigeons vers la salle des fêtes de Villemus.

La décoration des tables était comme à l'accoutumée très soignée et originale, galets avec feuilles réalisés par Hélène, serviettes au motif martelé, amours en cage (Alkékenge) - Physalis alkekengi de chez Suzanne




Pour l'apéritif, les Brins d'herbe nous ont encore régalés avec leurs préparations.

Fleurs de houblon - Humulus lupulus


Tagine et panacottas réalisées par deux dames de Reillanne



Assemblée générale

Après le rapport d'activités et le bilan financier, les prévisions pour l'année 2023-2024 sont les suivantes :

Prévisions pour l’année 2023 - 2024


Idées de visite :


- Carbet amazonien de Velleron (il faudrait trouver une balade à proximité pour terminer la journée, compte tenu de la distance pour certains)

- Jardin des plantes tinctoriales à Lauris

-  Rencontre avec un distillateur de plantes médicinales , La rivière des arômes à Rosans : https://www.riviere-des-aromes.fr/

- Rencontre avec un exploiteur de résine à Brézier (proche de Seyne) visite qui peut     se coupler avec l’ail des ours

- Initiation aux champignons avec Patrick

- Harmas et naturoptère à Sérignan-du-Comtat (visite commentée)

- Croq’jardin à la Roque d’Anthéron (Claire R.

- Jardin de Salagon

- Jardin de Valsaintes avec balade au saut du moine  

- La Thomassine Manosque, visite commentée


Propositions de balades :

Claire R. demande quelle distance est à retenir pour une balade type, Hélène lui répond 3 kms.


  • Bassin minier de Meyreuil, voir Jean-Paul
  • Le pont à coquille à Buoux (le 2 octobre, Annie et Nadine)
  • Arboretum de Saint Lambert avec Marie Thérèse
  • Dabisse et le moulin à huile (Françoise A.)
  • Jouques (Marie-Jo et Francine)
  • Cueillette  du genièvre à la Bastide des Jourdans (Claire R)
  • Sentier du centre «Le Loubatas » Peyrolles en Provence (Camille)
  • Balade autour de l’étang de Saint Christophe avec Marie Christine



Ateliers :


  • Zarzo, technique de vannerie (Nadine R.)
  • Teinture végétale (Hélène)
  • Fresque du climat ou du sol (Camille) - 8 personnes
  • Impression de plantes (Marie-Do) - 12 personnes
  • Récupération de matériaux (Claude)
  • Distillation et utilisation d’hydrolats (Geneviève et Sylvain)
  • Emulsion cosmétique anti rides (Geneviève)
  • Phytothérapie Hildegarde de Bingen (Geneviève)
  • Encres flottantes (Dominique)
  • Kokédama (Claude)
  • Projet stage Panier Zarzo en papier recyclé avec Élodie Valade (voir Monique G.)



Initiation botanique avec Marie Thérèse :


- Révisions le 23 octobre


Séjours :


Un mini-séjour est d’ores et déjà prévu pour la cueillette de l’épine-vinette et balades à Névache, dans la vallée de la Clarée, du 14 au 16 octobre au gîte de la Découverte

Geneviève, Nadine M. et Nadine R. sont chargées de la logistique.


Un séjour en Corse du Sud est prévu au mois de mai 2024


Claude a réalisé de jolis perchoirs pour les membres du bureau, un grand merci à elle. 


Et merci aux photographes, Béatrix et Guy














mercredi 4 octobre 2023

Le pont à la coquille lundi 2 octobre 2023


 Nous sommes des botanistes amateurs. Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, 
merci de nous le signaler en commentaire 

Annie et Nadine ont fait la reconnaissance du parcours, que nous avions effectué en partie en 2015. 


Nous étions 15 à participer à cette balade : Beatrix, Catherine, Francine, Françoise A., Guy, Hélène, Isabelle, Marie-Jo, Marie-Thérèse, Michèle, Nadine M., Nadine R., Suzanne, Suzie, Sylvain


Une devinette de la part de Marie-Thérèse pour commencer cet article : 

Quelles sont ces taches rondes, noires sur une vasque de l’Aiguebrun ?


Les cinq voitures ont pu trouver place dans le petit parking au début de la route conduisant au château de l'environnement. 

La température était agréable à 10 heures, nous nous attendions plus à craindre la chaleur que de rencontrer l'étrange animal du panneau ... 



Nous prenons la direction de la grotte des brigands, située sur la route de Lourmarin.


Un chêne majestueux attire notre regard, il est malheureusement mort.



Polypode - Polypodium 

Nadine R. est intriguée par la grande taille des feuilles d'un autre chêne. Est-ce un chêne américain? ... La forme de la feuille ne correspond pas, nous dit Marie-Thérèse.  Nous sommes dans un milieu frais, il s'agit d'un chêne blanc, appelé également chêne pubescent (à causer de la face inférieure des feuilles, plus ou moins duveteuse, feutrée) , à feuilles caduques.

Galle de Cynips quercusfolii -  Chêne pubescent Quercus pubescens

Que remarquez-vous en observant cette photo?

Les galles :
La différence est faite entre les galles que l'on peut trouver sur les chênes à feuilles caduques et ceux à feuilles persistantes. 
Ces galles sont dues à de petits insectes, soit des pucerons, des petites guêpes, des moucherons. Elles sont très spécifiques. 
Nous connaissons celles qui sont ligneuses (=bois), avec parfois un petit trou (si l'insecte est parti), elles sont souvent au début d'un bourgeon...

Mais les galles que nous voyons sur la photo, sont les galles en forme de fraise. 
Il faut regarder la forme de la galle et où elle est placée..
Vous avez trouvé? Ici les galles sont  sur les nervures de la face inférieure. 
La femelle qui a piqué au niveau de la nervure, a pondu un oeuf qui a provoqué une réaction. La larve (une par galle) va se développer à l'intérieur, se nourrissant de la "fraise". Il en sortira une petite guêpe de la famille des cynips. 


Comment reconnaître la clématite flammette et la clématite vigne-blanche?

La clématite flammette (Clematis flammula)

C'est une feuille composée, mais chaque foliole est lui-même découpé.
Si nous la goûtions, elle aurait un goût piquant.



La clématite vigne-blanche (Clematis vitalba)
Ses feuilles sont composées de 3 à 9 folioles assez larges. 



Les brins d'herbe sont très observateurs.. Francine repère un pistachier dans une haie touffue.. Savez-vous différencier le pistachier lentisque du pistachier térébinthe? 


Le pistachier lentisque  Pistacia lentiscus (à gauche et ci-dessous avec ses fruits) 
n'a pas de foliote terminale, les foliotes sont alternes,
 la disposition est pennée.
Le pétiole et la nervure principale sont ailés, ses feuilles sont persistantes.

Le pistachier térébinthe Pistacia terebinthus (à droite) a une foliole terminale
"moyen mnémotechnique : foliole Terminale pour le pistachier Térébinthe)
Ses feuilles sont caduques


Une surprise était réservée aux Brins d'Herbe... 
Derrière un pâté de maisons coule une petite cascade... 


Mais ce que nous n'avions pas vu lors de notre reconnaissance de balade, c'était cette jolie fleur ... La  Scrophulaire  à feuilles oblongues  - scrophularia oblongifolia 

Françoise A., retenue par Marie-Thérèse, a failli tester la température de l'eau en se penchant pour en cueillir un échantillon  ....





Près d'une maison, les feuilles de l'érable negondo Acer negundo annoncent l'automne en se parant de jaune.... 



Nous repartons vers le chemin, et ramassons au passage, involontairement, les capitules de la  Bardane  - Arctium minus - comprenant qu'ils aient pu inspirer alors Georges de Mestral pour l'invention du velcro. 


Il faut dire qu'il y en a beaucoup, de nombreuses feuilles tapissent le sol.




A droite de cette  porte nous voyons l'Odontite jaune, Odontites luteus 




L'heure tourne, il reste encore un bout de chemin avant d'arriver au pont de la coquille, nous remettons les autres arrêts prévus pour le retour, la balade du jour n'étant pas une boucle.



Ce pont à coquille qui enjambe l'Aiguebrun se situe sur la commune de Bonnieux et a été classé Monument historique en 1988. Situé dans la combe de Lourmarin, il nécessite une courte marche pour l'admirer. La date de sa construction, estimée à 1722, est inscrite sur la clé de voûte du côté est. Sur la rive droite, une structure complexe connue sous le nom de « en trompe » facilite l'accès au pont depuis l'ancienne route de Buoux à Lourmarin, en permettant un virage serré dans un espace restreint.

Plusieurs hypothèses quant à la présence de cette coquille, qui plus est, sur un seul côté du pont.

Les trois hypothèses techniques :

  • la coquille permet de relier le pont à l'ancienne route « Buoux-Lourmarin » par une courbe serrée, quasiment en angle droit;
  • la coquille joue un rôle de contrebutement, elle compense la pression de l'arche;
    l'érosion à cause du cours d'eau était plus prononcée côté coquille, et elle a forcé l'ingéniosité des bâtisseurs de l'époque pour garantir la bonne stabilité de l'ensemble.
  • L'hypothèse du pèlerinage :

la coquille fait naturellement penser à Saint-Jacques de Compostelle : était-ce un passage du pélerinage ? Peut être, mais le monument semble manquer d'envergure symbolique pour être affirmatif.


Francine s'est renseignée auprès d'une amie, cette coquille s'appellerait "une trompe" . C'est fait ici pour renforcer ici un angle rentrant d'une construction de manière esthétique.
Un pont semblable à celui-ci est situé au niveau du restaurant Bamboo Thaï à Lourmarin. Voici le lien vers l'article du "Luberon"

Nous pique-niquons de part et d'autre de l'Aiguebrun





Café partagé







Asperge sauvage - Asparagus acutifolius


Une deuxième surprise était prévue, celle du cornouiller juste derrière le pont.
Pour cueillir les grosses cornouilles accessibles, 
Sylvain a choisi de mettre les pieds dans l'eau...



Marie-Thérèse nous montre le fruit du fusain à feuilles larges - Euonymus latifolius 
Chez le fusain, les graines sont entourées par un tégument charnu orangé 
qui est un arille


En nous rejoignant, Hélène a trouvé une corme, tombée d'un très haut arbre. 


Des grésils exposent leurs perles au soleil, juste devant le pont


Cardère sauvage - Dispacus fullonum

Sur le retour, nous montons sur un rocher par un sentier... Nous découvrons des rigoles à sec, deux grands trous ronds ... plusieurs hypothèses sont avancées ... aiguier? glacière? silo à foin?
Silos certainement munis de couvercles à l'origine (nous voyons bien la marque de l'emplacement des couvercles)






En chemin, nous avons trouvé quelques rares colchiques. 
Sauriez-vous distinguer le Colchique du Crocus???
En ce moment les Colchiques (Colchicum autumnale) apparaissent dans les prés juste avant les  Crocus safran du jardin (Crocus sativus) ... 


Les Colchiques (famille des Colchicacées (anciennement Liliacées) 
- 3 sépales pétaloïdes externes, 3 pétales internes alternés
Le tout étant soudé et constituant un tube très long.   
- Un appareil reproducteur mâle avec 6 étamines soudées à la base 
Au coeur il y a 3 styles terminés par un stigmate à peine visible. 
Les Colchiques sont toxiques, leurs feuilles apparaissent après la floraison.
Le fruit est une capsule magnifique.
Nous pouvons trouver deux sortes de colchique  en Vaucluse : le colchique
d'automne  et le colchique à longues feuilles. On ne peut le savoir assurément au printemps, mais aussi à l'automne selon le milieu. L'extrémité des tépales est un peu blanchâtre ici .... Des prairies de colchique à longues feuilles vers Monieux, dans des stations plus froides. 
L'ovaire est supère. 

Les Crocus (famille des Iridacées)
La fleur de crocus présente 3 étamines seulement et 3 stigmates....
Le stigmate est en forme d'entonnoir. Ce sont ces stigmates en entonnoir qui sont récoltés chez Crocus sativus pour donner le safran.
L'ovaire est infère. 



Nous nous arrêtons sur un muret au retour, il fait très chaud, heureusement qu'une bonne partie du chemin était à l'ombre!

Merci à Béatrix,  Guy, Marie-Thérèse pour leurs photos