jeudi 1 décembre 2022

Les cataplasmes



Utilisés de façon empirique depuis l'Antiquité, le cataplasme est tombé en désuétude dans la médecine conventionnelle avant d'être réhabilité comme soin naturel en naturopathie et complément aux soins d'hydrothérapie dans lesquels il se range. C'est une bouillie médicamenteuse que l'on applique entre deux linges sur une partie du corps pour réduire une inflammation et pour une action phyto-thérapeutique. Action thermique : les récepteurs de la peau perçoivent le stimulus thermique et transmettent l'information à travers les voies nerveuses jusqu'à la moelle épinière, puis jusqu'aux organes internes. La chaleur apporte du bien-être, réduit les tensions et soulage les spasmes. On peut également utiliser une compresse chaude en cas d'inflammation, lorsqu'une sécrétion est possible (bronchite, infection urinaire, sinusite....). Une application tiède est indiquée en cas de douleurs chroniques non inflammatoires, par exemple en cas de tensions musculaires ou de rhumatismes. Le froid, par contre, apaise la douleur provoquée par les blessures du sport, les entorses, les ecchymoses et les contusions. Il calme également les douleurs aigües à la gorge ou aux articulations. Il a de plus des effets anti-inflammatoires. Action phyto-thérapeutique : la liste des produits thérapeutiques pouvant être utilisés dans ce type de remède est longue, les recettes variées. On va de l'alimentaire (chou, oignon, citron, huile d'olive...) aux plantes médicinales séchées (lavande, thym...) en passant par les algues, la farine de moutarde, les graines de lin, l'argile... Voici deux recettes de cataplasmes qui peuvent être utiles durant l’hiver : cataplasmes de graines de lin et de moutarde. Cataplasme de graines de lin : pour supprimer la toux du rhume ou de la grippe très rapidement, le cataplasme de graines de lin est un des meilleurs remèdes, particulièrement lorsque combiné à une tisane expectorante et stimulant le système immunitaire. Il est utilisable pour les enfants. Vous pouvez procéder ainsi : • Chauffez 125 ml de graine de lin pour 250 ml d’eau pure jusqu’à ce que le mélange soit épais et gélatineux. • Étendre le tout sur une cotonnade à la grandeur désirée et refermez, laisser refroidir un peu. Fixer le cataplasme avec une camisole ajustée. • Ajoutez une bouillotte sur le cataplasme lorsqu’il sera refroidi.. Peut être appliqué en avant et en arrière. Bien entendu il faut rester allongé et se reposer durant toute la durée d'application du cataplasme. Idéalement faire le cataplasme le soir au coucher. On peut le laisser en place toute la nuit. Ce cataplasme peut aussi être utilisé contre les rhumatismes de l’arthrose par exemple. Il est également recommandé en cas de problèmes dermatologiques comme les furoncles ou des ulcérations. On trouve des graine de lin, en vrac, dans tous les magasins bio Les cataplasmes de moutarde On pratique le plus souvent des cataplasmes de moutarde pour soigner la bronchite, le rhume et diverses autres affections respiratoires. On peut aussi chercher à soulager les maladies rhumatismales, les névralgies, ou pour soulager les raideurs dans la zone des épaules et de la nuque et y rétablir la circulation. Elle apaisera les articulations et détendra les zones douloureuses. La moutarde a des vertus chauffantes. Elle réchauffe et aide à mieux soigner les douleurs. Elle produit un afflux de sang dans la région du corps où on l'applique, ce qui permet ainsi de décongestionner l'organe visé par le traitement. Comme les cataplasmes de moutarde sont assez puissants mais aussi irritants, il va falloir au préalable hydrater votre peau. Utilisez une crème hydratante basique. Pour un cataplasme de moutarde: - 2 cuillères à soupe de farine de moutarde - 2 cuillères à soupe de farine de lin - de l'eau tiède On dilue les farines dans un peu d'eau tiède mais on n'en met pas trop. Le mélange ne doit pas couler. Cela doit bien rester en place... Après avoir hydraté votre peau, enveloppez le cataplasme de moutarde dans une gaze, posez la gaze sur la zone en question et mettez un linge sur le tout afin de bien tout faire tenir. Vous en devez pas dépasser 15 minutes de pause car déjà, il y a un risque d'allergie chez certaines personnes, mais aussi et surtout parce que le cataplasme de moutarde chauffe la zone et pourrait vous brûler si vous dépassez le temps de pause. Les cataplasmes de moutarde ne doivent pas se faire avant l'âge de 15 ans. C'est important! A ne pas faire: - dépasser le temps de pause de 15 minutes maximum - le faire en cas d'allergie - le faire sur des personnes de moins de 15 ans - toucher aux zones du visage ou du cou - appliquer directement sur la peau mais enveloppé dans une gaze On trouve de la farine de moutarde en sachet chez un herboriste ou alors on peut acheter des graines de moutarde à faire germer dans les magasins bio, les écraser soi-même avec un pilon et un mortier.

dimanche 27 novembre 2022

Balade à Viens le lundi 21 novembre 2021 : quelques escargots rencontrés

Cueillette du thym à Crau de Saint Michel le lundi 28 novembre 2022 reportée au jeudi 1er décembre 2022


Nous sommes des botanistes amateurs. 

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, merci de nous le signaler en commentaire


Pluie le lundi 28 novembre, la sortie a été reporté eu jeudi 1er décembre 2022.
Nous étions 7 à nous retrouver dans cette lande particulière qui a été longtemps pâturée, abandonnée, laissant la place à de nombreuses plantes aromatiques et de terrain sec. 




Cueillette du thym selon la méthode de chacun : à la faucille, au sécateur...penché, agenouillé.... 



Le thym est déposé dans des bourras, nous en avons fait 4!


Certains sont plus doués que d'autres pour l'empaquetage!


Cynoglosse à feuilles de giroflée
Cynoglossum cheirifolium



Tulostome d'hiver
Tulostoma brumale


Thym serpolet
Thymus serpyllum


Germandrée tomenteuse
Teucrium polium


Rue des montagnes
Ruta montana



Pastel des teinturiers
Isatis tinctoria


Euphorbe petit-cyprès
Euphorbia cyparissias





Merci à Marie-Thérèse  pour les photos et la détermination des plantes




Balade à Viens le lundi 21 novembre 2022 : quelques champignons rencontrés

mercredi 23 novembre 2022

Balade à Viens le lundi 21 novembre 2022

 Nous sommes des botanistes amateurs. 

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, merci de nous le signaler en commentaire


Le village de Viens

Comme très souvent en Luberon, le village de Viens est perché sur un plateau de calcaire gréseux, roche localement appelée "molasse". Formée d'anciens sables accumulés au fond de la mer (qui recouvrait notre territoire il y a 20 millions d'années), cette roche est pétrie de coquillages et autres fossiles marins.

Entre cette pierre et l'homme, les liens sont anciens et intimes, habitats rupestres, tombes, restantes, bories...

Quelques clefs géologiques permettent la lecture du paysage. Deux grands plis en voûte (anticlinaux) encadrent un tout aussi grand pli, en cuvette (synclinal).
Au Nord se dresse l'anticlinal de la montagne de Lure, au Sud, celui du Luberon, tous deux de même nature calcaire et d'orientation Est-Ouest. Entre les deux, toute la plaine est une vaste cuvette synclinale remplie de roches plus récentes. Successivement calcaires et marneuses, elles dessinent des séries de côte ou curetas emboitées.
En bas, la déchirure des gorges d'Oppedette où coule la rivière du Calavon (étymologiquement "la rivière de pierre") se distingue, dessinant un Z caractéristique commandé par des réseaux de cassures ou failles.


Gui
Viscum album


Le gui est une plante hémiparasite
Si nous observons la baie, nous observons un petit point au centre, où était le style, et 4 cicatrices qui sont le reste des sépales. Ça veut dire que l'ovaire était infère.
Nous pouvons affirmer que c'est un fruit, botaniquement parlant. 



Contents de reconnaître les différents érables, nous observons les feuilles colorées mais voilà qu'un arbre serait un hybride entre l'érable champêtre et l'érable à feuilles d'obier ... de quoi dérouter notre groupe de botanistes en herbe. 

L'érable champêtre
 Acer campestre

L'érable (à feuilles d'obier)
Acer opalus

L'érable de Montpellier
Acer monspessulanum



Capillaire des murailles
Asplenium trichomanes


Fougère polypode (réglisse des bois)
Polypodium vulgare





Aigremoine eupatoire
Agrimonia eupatoria
Famille des rosacées

Cette plante se pare de superbes couleurs à l 'automne, nous en avons vu tout le long du parcours. Admirez ses fruits (akènes) en forme de cônes munis d'une couronne d'arêtes crochues



Perusier
Poirier à feuilles d'amandier
(Pyrus pyraster)

Nous avons affaire à un faux-fruit... un fruit composite... 
Nous voyons à l'arrière de ces "fruits", à l'opposé de la queue, le reste des sépales. 
L'ovaire du pistil était infère, l'ensemble que nous mangeons ne correspond pas, botaniquement parlant, à un vrai fruit..
Nous mangeons en réalité le réceptacle floral qui au cours de la maturation s'est hypertrophié et est devenu charnu!
Ce qui entoure la graine, qui est devenu cartilagineux, est l'endocarpe du "fruit"

La gourguette...
C'est un petit bassin avec une réception, et de l'autre côté de la route nous avons l'exutoire d'une mine d'eau (les deux premières photos)

Orme champêtre
Ulmus minor

Subérisation de l'orme : 
Ce phénomène naturel peut s'observer sur les ormes champêtres, les érables champêtres, les fusains et bien sûr les chênes liège. Les rameaux sont munis de crêtes liégeuses formées par la suberine, substance cireuse constituant principal du liège, elle tient son nom de "Quercus super", le chêne liège.  Cette substance imperméabilise les cellules superficielles en limitant les pertes d'eau par évaporation, elle joue un rôle important dans la relation des plantes avec leur environnement. 
.


Scabieuse
Scabiosa



Ci-dessous nous avons un involucre, à savoir un ensemble de bractées qui protégeait la fleur. Les poils"noirs sont les restes du calice de la fleur. 


Garance voyageuse
Rubia peregrina



Nous étions peu nombreux à cette sortie : 
Annie, Bernard, Catherine, Hélène, Marie-Thérèse, Nadine M. Nadine R.


Bonjeanie
Dorycnium hirsutum / Lotus hirsutus

C'est une fabacée, le fruit est une gousse qui ne s'ouvre pas. 



Alisier blanc
Sorbus aria


Viorne lantane
Viburnum lantana


Coronille bigarrée
Securigera varia



La pluie a commencé à tomber sur le chemin du retour..
cela ne nous a pas beaucoup dérangés, chacun ayant prévu de quoi se protéger.. 




Merci à Marie-Thérèse pour ses explications, toujours très intéressantes, pédagogues et exhaustives, et à Bernard pour ses photos.


Un exemple de prise de notes des "brins d'herbe"










dimanche 20 novembre 2022

Séjour dans les Cévennes du 14 au 18 novembre 2022 Jours 1 à 3



                                               Nous sommes des botanistes amateurs. 

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, merci de nous le signaler en commentaire

Merci de me dire si vous constatez des erreurs dans les photos (lieu et date...), et n'hésitez pas à apporter votre expérience personnelle! 



LUNDI 14 NOVEMBRE


Après nous être réunis, balade le long de la Vis jusqu’au gîte.  En chemin,  quelques tiges de Fragon ont été cueillies en vue d’une carcasse de panier sur arceaux pour les vanniers. 

Arbres magnifiques de l’arboretum du Grenouillet : Sequoia géant, Pin de Namibie, Ginkgo biloba, Oranger des osages


 Ateliers dentelle de feuilles avec Dominique  et vannerie en deux groupes

-repas préparé par le groupe de Jeannine








MARDI 15 NOVEMBRE

Journée à Claret 41Km du gîte


A Saint Bauzille de Putois, au siècle dernier, il existait plusieurs distilleries de plantes aromatiques et des moulins à huile d’olive, mais l’industrie la plus développée était celle du bas de soie, une unité de production de bas et collants de luxe subsiste actuellement : Société SOTEXMI_CLIO 825 Av. du chemin neuf.

Un autre magasin se trouve à Ganges ou il existe une tradition de la bonneterie

« Manufacture SOTEXMI Rond point de l’Europe à Ganges 

A Ferrières les verreries il y avait des mines de fer, et jusqu’à 21 ateliers de verriers à la révolution française


Claret est un village perdu sur le Causse de l’Orthus, on y trouve une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de la crête de la Taillade au ruisseau du Brestalou. C’est le territoire du grand duc d’Europe


Nous avions rendez-vous à 10h30  à la distillerie des Cévennes 2 chemin des Charrettes à Claret 



Le propriétaire, Mr Joël Descan nous a montré la distillation du bois de Cade (Juniperus oxycedrus), et la personne qui tient la boutique nous a présenté les produits à base d’huile de cade.

C'est la seule distillerie d’huile de Cade en Europe, créée en 1930, 

Après une interruption, la distillation a repris en  2009.



-Midi Pique nique au départ du sentier qui mène au Moulin en ruine de Lafoux


Après le pique-nique, balade au moulin en ruine de Lafoux, petit coin de Paradis, le sentier (1 km) mène à l’exsurgence du ruisseau le Brestalou et à l’ancien moulin. Cette promenade est une œuvre en soi, vasques de travertin (ou tufs si vous préférez)  au fond bleu grâce au calcaire: l’eau, en sortant de terre chargée en carbonate de calcium, relâche du CO2 et dépose du calcaire partout, créant ainsi une multitude de petits bassins.




En chemin, sur le retour, nous avons glané du fragon, de la clématite, et un jonc assez fin, le chouan noir (Schenus nigricans)  au début du sentier, tout en respectant la ripisylve qui est protégée.

L’exsurgence de la source se trouve au-dessous d’une arche rocheuse, au pied de la falaise qui ferme le cirque. Il est possible de la rejoindre par le sentier qui 

part un peu avant le moulin sur la gauche qui grimpe à travers la falaise, c’est un peu sportif !


Dans le moulin deux meules et l’axe du moulin, concrétionnées dans les dépôts calcaires, sont visibles si l’eau n’est pas trop haute. On découvre un four à pain dans l’habitation. Le moulin était un moulin hydraulique, le cours d’eau ayant un débit discontinu il nécessitait un stockage d’eau, ces moulins à blé traditionnels étaient appelés moulins bladiers (à grains). Un peu en aval, un autre moulin de type tourille, c’est à dire équipé d’une roue horizontale à godets, complétait le rendement du premier moulin lorsque le débit était suffisant 

Dans la région, beaucoup de moulins à eau, ils pouvaient être :

Bladiers : farine

Drapiers : pâte à papier à partir de draps usés

A huile : huile d’olive

A foulon : molleton, tissu gratté

Plus rare : filage de la laine, coton cardé, ouate, sciage du marbre, confection de poudre à canon, scier la pierre, broyer le tanin (châtaignier, chêne), écraser les tiges de genêt spartier, Spartium junceum  (pour tissu rustique, cordages)







MERCREDI 16 NOVEMBRE

Journée Sauve 38km du gîte




La nature et l’histoire semblent avoir conclu une entente parfaite pour bâtir ce chef d’œuvre : Sauve est un village chargé d’histoire avec son  vieux pont du XIIème et XIIIème siècle, les vestiges de ses remparts, son abbaye, son couvent, ses portes fortifiées, ses voûtes, ses hautes tours.

C’est aussi un site naturel remarquable de par sa mer des rochers, paysage au relief calcaire façonné par une érosion des eaux aux allures curieuses, et son fleuve Vidourle dont une partie du cours est souterraine en amont de Sauve où il réapparait en une résurgence au pied du village.


Nous avions rendez-vous à 9h avec Laurence pour la visite du Conservatoire de la fourche






Visite aux cépées de micocouliers au bord des jardins partagés le long du Vidourle


Pique nique au bout du parking place de la Vabre sous le pont de la rue des Bourgades. Sous ce pont, un chevalet devant la vue sur le village médiéval et le fleuve est à notre disposition pour peindre ou dessiner... 



Balade à la mer des rochers





Trésor façonné par la nature, paysage fantastique et irréel, chemin qui monte, étroit et caillouteux.

L’étonnant chaos calcaire se dévoile au fil de petits sentiers dans une nature luxuriante au milieu d’une végétation dense, de type garrigue constituée principalement de chênes verts et de lauriers sauce.

Cette nature a pour origine la « terra rossa » une terre si riche que jusqu’au milieu du XXème siècle, d’abondants vergers de cerisiers, pêchers, figuiers et micocouliers y furent cultivés par les sauvains. Face à la difficulté de travailler ce terrain accidenté, l’exploitation en fut abandonnée et la garrigue reprit ses droits.

Ici dans cet univers de pierres, se trouvent des « gabègnes » sorte de trous, de poches creusées naturellement dans le calcaire qui retiennent les eaux ; sorte d’oasis miraculeux pour les proscrits mais aussi les animaux dans cette contrée désertique et inhospitalière pour les non-initiés. Ici les camisards pendant les guerres de religion, les résistants pendant la 2ème guerre mondiale trouvèrent refuge.











Merci Béatrix, Françoise et Guy pour les photos... et Hélène pour le programme expliqué..