mercredi 29 avril 2026

Gignac, le village et ses iris le lundi 27 avril 2026

 Nous sommes des botanistes amateurs

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de plantes, merci de nous le signaler en commentaire.



Toujours guidés par Thérèse, nous descendons vers le village de Gignac, à pied ou en voiture.  Des panneaux explicatifs nous renseignent sur son histoire :
"Rivière la Doa
Blotti au Nord des Monts de Vaucluse, le village de Gignac (74 habitants en 2023) construit sur un piton rocheux, aux bords de la Doa, occupe une position de verrou entre le pays d'Apt et celui de Simiane. Son territoire de 8,15 km2 s'étale de 366 à 834m d'altitude; il est marqué par l'importance des forêts et des milieux semi-naturels. La Doc, longue de 16 kms, prend sa source au collet de Flaqueyrol, sur la commune de Viens : plusieurs ravins et combes l'alimentent de façon irrégulière. Lors de violents orages, elle se charge de boues ocreuses et de limons argileux qui donnent à ses eaux une couleur jaune. ...

Panneau n°2 : Arrivée des Vaudois


ARRIVÉE DES VAUDOIS

Gignac apparaît dans les textes en 1122.

La peste de 1348 et le passage des routiers dévastent les campagnes, le territoire est abandonné. En 1501, le seigneur de Gignac signe « un acte d'habitation» avec des chefs de famille venus du Piémont pour remettre ses terres en valeur.

Ces Vaudois de l'époque sont de gros travailleurs.

Ils tirent leur nom de Valdès, riche marchand lyonnais qui, vers 1170, a la suite d'une prise de conscience, décida de vendre ses biens et de consacrer sa vie à la prédication. Il fait traduire l'Évangile dans la langue d'usage et les « Pauvres de Lyon », hommes et femmes, peuvent ainsi prêcher. Excommuniés en 1184, ils ont dû vivre dans la clandestinité et se réfugier dans les vallées alpines où ils sont persécutés au XVe siècle.

D'abord bien accueillis en Provence, ils deviennent à partir de 1530 objet de persécutions. En 1532, au synode de Chanforan, les Vaudois adhérent à la Réforme. En d'avril 1545, une quinzaine de villages du Luberon sont détruits et incendiés. Le massacre fait près de 3000 victimes. Les habitants de Gignac semblent avoir été « protégés » par leur seigneur.



Panneau n°3 : Catherine Barries


3. CATHERINE

BARRIES

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La jeune Catherine Barries née à Gignac dans une famille vaudoise (originaire d'Angrogne, dans le Val Pellice) fut enfermée dans un couvent à Orange.

Elle s'en échappe avec dix-sept autres coreligionnaires.

Ces dernières fuient vers Genève mais

Catherine vient se réfugier à Gignac, son village de naissance. En 1560 une communauté protestante y est bien établie, un consistoire est en place. En 1567 la communauté reformée de Gignac demande à Genève un pasteur.

Peu après, un climat de tension s'installe et, en 1570, les villageois prennent possession du château du seigneur catholique du lieu, Barthélemy de Thomas, qui s'enfuit.

En 1575, les armées catholiques du comte de Carces passant par Gignac, assiègent le château. Il est bombardé durant toute une journée, la résistance est héroïque. Le soir venu, Catherine et son mari Jacques Turc sont morts les armes à la main. A la faveur de la nuit, les rescapés s'enfuient par le vallat de la Doa qui coule au pied du château.

Le château et le village sont incendiés.


Panneau n°4 : château du XVIII° siècle, construit à l'emplacement du château féodal


CHÂTEAU DU

XVIIIème SIECLE, CONSTRUIT À

L'EMPLACEMENT DU CHÂTEAU FÉODAL

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Jean Baptiste Henri Bruno de Thomas

(1736-1785), seigneur de Gignac, fit construire le château actuel sur les ruines du château féodal : les travaux commencèrent en 1760 et se terminèrent en 1780.

Il rêvait d'un château moderne et spacieux, lumineux, aux façades très sobres, de vastes pieces desservies par un escalier monumental. Il fallut d'abord araser les murs éboulés de la forteresse médiévale, ne laissant que les soubassements et récupérer le plus de matériaux possible pour ériger la nouvelle construction.

Le temps passait, l'argent filait, il dû vendre sa seigneurie de Roquefure. Sa mort subite à l'âge de 49 ans laissa la bâtisse inachevée, elle était hors d'eau.

Romain, son fils, dut d'abord relever les finances de la seigneurie, grandement mises à mal par son père. Il fit venir un artiste italien qui décora de gypseries l'intérieur du château. En janvier 1793, Romainquitter précipitamment

Gignac; il n'y revint jamais. Le château dévasté fut vendu à une famille Maurel qui le transforma en exploitation agricole, les cuisines et la salle à manger devinrent le « cercle blanc » du village. De nouveaux propriétaires restaurerent avec gout le château, qui fut inscrit aux monuments historiques par arrêté du 13 janvier 1997.

Accolée au château, l'église Saint-Martin du 12° siècle, fut entièrement restaurée au siecle dernier.



Panneau n°5 : Château bas


5. CHÂTEAU BAS


Barthélemy de Thomas abandonne sa seigneurie en 1570 pendant les guerres de religion. Il revient en 1576, reconstruit le village, crée un moulin à farine, fait creuser un énorme bassin. Son fils Charles lui succède. Il hérite d'une fortune importante qu'il dilapide aux jeux, la légende dit qu'il aurait perdu une partie de son fief au profit du baron de Viens, suite à un pari. Cela explique pourquoi les limites de Viens sont si proches (500 m environ) du village. Il fait restaurer le petit château qui est au sud du village.

La tradition veut qu'il ait été construit par la famille de Sabran Forcalquier au XIlle siècle. Après la construction du nouveau château au XVIII®, il devient le logement des fermiers du domaine mais il a gardé le nom de Château bas.

Le chemin de la Poste qui traverse le village est décrit, en partie, dans L'histoire de la ville d'Apt rédigée en 1692 par Jean François de Remerville, transcrite et éditée en 2022 par l'association Archipal. « Ce chemin venant d'Apt à Gignac, à Valsaincte, Malefogasse tirant de là vers le Piedmont, car ceste route regardoit singulièrement l'Italie». Cet itinéraire fut établi en 1532 et équipé de relais de poste.


Panneau n°6 : La vie à Gignac au XIXème siècle


La population de Gignac passa de 156 habitants en 1800 à 246 en 1856. C'est l'aventure industrielle, celle du fer et de la métallurgie d'abord, de 1832 à 1882, puis celle de l'exploitation de l'ocre, à partir de 1871, qui généra cette progression démographique. Cependant, dès 1886 s'amorce une chute progressive pour atteindre en 1975 le chiffre de 21 habitants. 
L'exploitation massive des forêts pour alimenter les hauts fourneaux de rustrel modifia le paysage.
L'ocre qui apporta la prospérité en pays d'Apt pendant un siècle a été source de misères et de tragédies. Les ouvrier ouvriers étaient des mineurs de fond sans aucun moyen moderne d'extraction. 
La culture des céréales, de la vigne, es oliviers, de plante vivrières (pois chiches et lentilles) assurait la subsistance des paysans. Quelques chèvres, quelques moutons, des poules et des lapins, un cochon complétaient les revenus. Le mulet était l'aide indispensable. Chaque famille cultivait son jardin. 
Trois cafés accueillaient les hommes du village, deux étaient "des cercles", l'un rouge, l'autre bland. L'épicerie-mercerie Aubert fournissait tout le nécessaire aux femmes. 
L'école du village créée en 1836 accueillait 18 enfants en &867, certains venaient "des campagnes de Viens" proches de Gignac.


Garés sur le parking près du boulodrome, nous avions longé un très beau mur aux motifs divers, nous avons appris un peu plus tard que M. Ferrand, propriétaire de la plantation d'iris avait construit ces murs de ces propres mains! 






Nous franchissons le portail ouvert afin d’admirer les iris. M. Gilles Ferrand nous accueille chaleureusement. Seulement a moitié des iris sont en fleur, mais l’ensemble du jardin est vraiment magnifique. Nous déambulons dans les allées tandis que M. Ferrand nous explique qu’il faut couper les tiges fanées, sans toucher aux feuilles, sauf en cas de transplantation des rhizomes. Pour redonner envie de fleurir à des iris vieillissants, une rondelle prélevée dans le rhizome peut servir de leurre.
















Belles découvertes en fin de journée, avec le village de Gignac, puis un de ses habitants, passionné et passionnant... Merci à M. Gilles Ferrand pour sa disponibilité et son sens du partage. Merci à Thérèse de nous avoir fait découvrir tous ces lieux. 








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