jeudi 13 avril 2023

Le non jardin d'un paresseux chez Henri à Rognes le lundi 27 mars 2023

 Nous sommes des botanistes amateurs. 

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, merci de nous le signaler en commentaire

Après le magnifique village de Peyruis, c’est vers celui de Rognes que nous allons, afin de visiter le "non jardin d'un paresseux" d'Henri Grau  ouvert entre le mois de février et le mois de novembre.

Il nous accueille devant sa propriété, et les panneaux annoncent la couleur, avec les salades sauvages, les fleurs comestibles, les épinards mais en même temps l'invitation à se servir en graines... J'imagine que l'on peut en déposer, comme pour les kiosques à livre...


A quoi s'attendre avec ce "non jardin d'un paresseux"? ... Nous imaginions certes que la nature peut reprendre ses droits dans un tel espace, mais nous devinons que le "paresseux" est en fait un amoureux des plantes, qui prend plaisir à partager et à faire goûter (nous n'avons pas goûté à tout, préférant nous limitons à ce que nous identifions comme comestibles, la centranthe ou les jeunes feuilles d'acanthe ne nous inspirant pas, pas trop de téméraires parmi les brins d'herbe!

Nous avons observé les plantes qui poussent dans la rue. 
Une énorme cousteline pousse au pied du mur de la propriété, nous en trouverons d'autres dans un champ l'après-midi. 

Cette salade se trouve dans les zones rocailleuses, exposées au soleil. 
Un cueilleur averti se contentera de prélever quelques rosettes seulement sur la touffe, afin de permettre à la plante de continuer à pousser.

Nous sommes un peu sceptiques quand Henri nous dit que la centranthe est comestible, que les fleurs peuvent décorer une salade. Mais nous nous en souviendrons en cas de disette... nous préférons les salades ...

Crépis de Nîmes (crepis santa)

Crepis vesicaria, 

Salade vivace ou Breou (Lactuca perennis)

Laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus), 

Laitue vireuse ( Lactuca virosa) très amère, ne se consomme généralement pas.

Si vous voulez en savoir plus sur les salades, vous pouvez consulter le livre  de l'association des Écologistes de l'Euzière.  




Cardamine hérissée ou cressonnette (Cardamine hirsuta)

Sauge officinale Salvia officinalis

Nous faisons le tour de ce jardin, véritable réservoir aux plantes de la nature.

Je ne résiste pas au petit rappel en ce qui concerne les pâquerettes (bellis perennnis) de la famille des astéracées : 
Ce qui semble être une fleur est en fait une multitude de fleurs, un capitule...

 Chaque fois que vous avez joué enfant à "je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément", vous tiriez une fleur ligulée, formée de plusieurs pétales. Ces fleurs ligulées sont blanches.

Au milieu, nous voyons une multitude de fleurs jaunes fertiles réunies en un large plateau, le réceptacle, enrourées de bractées protectrices, l'involucre. 
chaque fleur fanée se transformer en petits dômes de fleurs tubulaires, puis en  akène. 



Un superbe tapis de violettes s'étale sous nos pieds 


Violettes, pâquerettes... cela me fait penser à l'huile de beauté conseillée par Geneviève, il est encore temps de cueillir les fleurs :

A la fin de la visite, nous avons observé les plantes récupérées dans la nature ou obtenues par semis


Nous passons ensuite à la dégustation de salades : laitue vivace, cousteline et Saint Joseph, ainsi que d'ortie et de passerage cuits, accompagnés d'un délicieux jus de fruits raisin-framboise qu'Henri prépare chaque année en septembre, à partir du raisin Isabelle dont nous voyons la vigne ci-dessous 



La vigne Isabelle

Botanique : initialement considéré comme un cépage non hybride de l'espèce nord-américaine Vitis labrusca. Mais des études génétiques plus récentes montrent qu'il s'agit en fait d'un hybride entre Vitis labrusca et Vitis vinifera (variété inconnue)

Origine et répartition : issu de semis, il aurait été trouvé début 1800 dans un jardin en Caroline du Sud et offert à Isabella Gibbs, d'où son nom. Ce cépage fut introduit en France vers 1820 comme plante ornementale et serait un des principaux introducteurs du mildiou, oïdium et phylloxera.
Malgré l'interdiction et la campagne de dénigrement européenne, il est encore présent un peu partout dans les campagnes, chez les particuliers, mais aussi chez certains vignerons (...)

Synonymes : raisin framboise, Sainte-Hélène (France), Gros Framboisier (Suisse), Isabella (Italie), Isabelle Gibbs (Etats-Unis)

Description : bourgeonnement cotonneux blanc, à liseré carminé (...) Rameaux à vrilles continues (présentes à chaque insertion de feuilles, caractère de V. Labrusca. Fruits en grappes de taille moyenne, assez peu serrées, à baies rondes, violacé-noir, à pulpe dense et gélatineuse, peau épaisse. Jus rosé. Odeur forte très caractéristique des fruits pendant la maturation, repérage à plusieurs dizaines de mètres en été. 

Culture : Vigne très vigoureuse, assez résistante à l'oïdium, supporte mal le calcaire, reprise au bouturage excellente.

Utilisations culinaires : les arômes de fraise et framboise très marqués de ce cépage le prédisposent à de très nombreuses préparations : confiture, fruits, sorbet, 

Où vous procurer ces cépages "interdits" ou hybrides?
Sortez de chez vous et observez. Si vous voyez de vieilles treilles ou de belles vignes, discutez avec leur propriétaire et demandez-lui s'il les traite. Sinon, il s'agira sans doute d'un cépage avec une part d'américain. Goûtez le raisin et voyez s'il semble correspondre à ce que vous recherchez ... Regardez bien l'environnement de culture. S'il correspond au vôtre, vous avez le maximum de chance de succès. Après la chute des feuilles en automne, prélevez les sarments les plus vigoureux et faites-en des boutures, que vous pourrez implanter au printemps ou l'automne suivant. 

ou : 
Pépinière Jabouin à Caromb
Pépinière des Boarmie à Dangoilsheim
Pépinières Frédéric Cochet à Aubenas 


Extrait des "fruits oubliés"

Merci à Henri pour ce partage ... 

Nous nous dirigeons ensuite vers le sentier botanique de la Javie, où nous trouvons un coin ombragé pour le pique-nique. 

Nous observons une euphorbe à dents de scie (Euphorbia serrata), à croissance définie, c'est une cyme.  


Muscari à grappes (Muscari neglectum)

Bette maritime (Beta vulgaris subsp. maritima)

Achille visqueuse (Achillea ageratum)

Chardon à taches blanches (Tyrimnus leucographus)

Silène compagnon blanc (Silene latifolia)

Ophrys

Muscari à grappe (Muscari neglectum)

Lamier pourpre (Lamium purpureum)

Feuille de mauve (Malva sylvestris)

Cynoglosse officinale (Cynoglossum officinale)




Merci à Béatrix, Jean Paul pour les photos, à Isabelle pour la documentation sur la vigne Isabelle... et à Marie-Thérèse pour tout... 

























 

















mardi 11 avril 2023

Atelier Shibori le lundi 3 avril 2023 à Grambois

Aujourd'hui c'est un atelier teinture végétale avec la technique japonaise du shibori : teinture à réserve par ligature sur tissu.

         Nous avons des teintures à la Garance (rouge) et au Fustet (jaune)

       Préparation des pièces à teindre, cuisson dans le bain de teinture pendant que                     nous prenons notre repas

        Découverte des résultats, couture des sacs... 


















Merci à Danielle, Geneviève et Hélène pour les photos








 

mercredi 29 mars 2023

Une huile de beauté pour les fées de Brin d'Herbe - Mars 2023

 



Si vous aimez la beauté au naturel, voici trois fleurs de printemps, connues pour leurs belles qualités cosmétiques et avec lesquelles vous pouvez réaliser un superbe macérat huileux pour le corps :


La pâquerette d’abord, apaisante en cas de chutes, de contusions ou de douleurs, grâce à ses composés polyacétyléniques, assez semblables à ceux de l’arnica, et surtout très douée pour raffermir la peau car riche en tanins astringents … partout où le corps a besoin de l’être  !


Les fleurs du forsythia cet arbuste qui nous vient de Chine et qui illumine les jardins aux premiers signes du printemps, ont elles aussi de très jolies propriétés  car riches en forsythine, en acide caféïque, en flavonoïdes, en rutine pour ne citer que quelques uns de ses constituants. Non seulement elles calment rugosités, rougeurs, dartres et sensations de tiraillement, mais en plus elles stimulent la circulation et la régénération cutanée. Que demander de plus !


La violette qui fait partie des fleurs pectorales, antitussive et adoucissante des voies respiratoires, est aussi une grande amie de la peau. Elle permet de préparer une huile de soin délicate, qui offre ses vertus adoucissantes et protectrices à toutes les peaux très sèches qui demandent à retrouver du confort.


On peut donc réunir les qualités de ces 3 fleurs et se composer ainsi un véritable bouquet de printemps à offrir à sa peau  ! Comment procéder :


Récoltez donc un peu de chaque fleur et laissez sécher 24 heures pour les fleurs de forsythia, fragiles et délicates et qui ont besoin de bien faner, et une petite journée pour les autres.


Placez-les toutes dans un bocal de verre et recouvrez-les d’une belle huile végétale bio, choisie selon votre peau et votre budget :  sésame, pépins de raisin, légère, sans odeur et bourrée de vitamine E, olive, amande, argan ou encore un mélange sésame/tournesol. Sous l’effet du soleil, seules les huiles bio et de première pression à froid se comportent bien et «tiennent »; les autres déjà malmenées par les traitements d’extraction chimique s’effondrent souvent.


Laissez macérer pendant 21 jours, à la lumière et si possible quelques heures par jour au soleil.  En cas de soleil trop ardent, on déplace sa préparation ou on pose un tissu de protection...! et on pense à ouvrir le couvercle régulièrement pour laisser sortir l’eau résiduelle.


Au bout de 4-5 semaines, votre huile précieuse est prête. Filtrez-la, conditionnez-la en flacons teintés et étiquetez.


Conservez à l’abri de la lumière et du soleil.




La gemmothérapie le lundi 20 mars 2023 à Peyruis

 Nous sommes des botanistes amateurs. 

Si vous remarquez des erreurs, toujours possibles, dans la détermination de nos plantes, merci de nous le signaler en commentaire


Geneviève nous a initiés à la gemmothérapie, en salle puis sur le terrain. Ce fut l'occasion de découvrir à la fois cette thérapie naturelle, et  les collines de  ce joli village de Peyruis, que nous ne connaissions, pour la plupart d'entre nous, que comme lieu de passage vers les Alpes.

Vous pouvez consulter l'article de Geneviève en cliquant sur le lien suivant : 
http://assobrindherbenature.blogspot.com/2023/03/la-gemmotherapie-le-lundi-20-mars-2023.html?m=1
Aubépine
Crataegus monogyna

Genévrier commun
Juniperus communis

Bourgeon de peuplier noir
Populeux nigra


Eglantier
Rosa canina


Après avoir noté quels bourgeons nous conviendraient, en fonction de notre pathologie, nous nous sommes dirigés vers le canal de Manosque., auprès duquel nous avons vu plusieurs prêles 

Grande prêle
Equisetum telmateia


Euphorbe épurge
Euphorbia lathyris


Cueillette des bourgeons de marronnier




Cet agréable sentier qui nous conduit au château nous a permis de découvrir aussi certaines plantes échappées des jardins, par exemple l'ail de Naples, à ne pas confondre avec l'ail triquette, la bourrache. 




Bourrache officinale
Borrago officinalis


Ipheion
Ipheion


Prunier
Prunus


Cueillette des bourgeons de ronce
Moutarde blanche
Sinapis alba
Famille des brassicacées
La détermination n'a pas été évidente à première vue, jusqu'à ce que nous voyions les fruits, Ce sont des siliques bosselées, en forme de sabre, aplatis, La première partie du fruit est hérissée de poils et très striée.


Cueillette de bourgeons de marronnier en montant au château


Bourgeon de marronnier commun
Aesculus hippocastanum


Le village est dominé par les vestiges de son château féodal démantelé à la Révolution, véritable forteresse dont témoignent encore les restes imposants de l’enceinte. Du château demeurent les soubassements arasés, une voûte en plein cintre et des murs de séparation qui semblent dater du 16e ou du 17e siècle. L’ancien donjon massif et volumineux, subsiste presque intégralement, transformé en pigeonnier.



Pique-nique sous les oliviers, près du château



L'asperge sauvage
Asparagus acutifolius


L'asperge sauvage appartient au même groupe que le fragon (Ruscus aculeatus)
Pour le fragon, nous avons des cladodes, sur lesquelles sont les fleurs et les fruits. Si nous regardons bien la tige de l'asperge, il faut chercher le turion, les feuilles sont sous forme d'écailles. A la base opposée de la feuille, nous avons une pointe qui donnera les fines épines de la plante que nous connaissons. De l'écaille partira un cladode très particulier.

La mercuriale annuelle
Mercurialis annua



Fleurs mâles en épis

La mercuriale est dioïque 
(les fleurs femelles et les fleurs mâles sont sur des pieds séparés)

Fleurs femelles à la base des feuilles

Vue superbe sur les pénitents des Mées depuis l'esplanade



En admirant la vue sur les Pénitentiers, nous remarquons un immense pistachier térébinthe, dont la racine prend naissance dans une fissure du mur.

Pistachier térébinthe 
 Pistacia terebinthus
(Fleurs mâles)


  • Bourgeons de Noyer 
    Juglans regia 


Bourgeons du figuier
Ficus carica


Retour en salle où nous avons pu mettre à macérer les bourgeons cueillis
dans le mélange alcool / glycérine végétale. Geneviève avait déjà préparé plusieurs flacons que nous nous sommes partagés.


UN TRÈS GRAND MERCI À GENEVIÈVE POUR CETTE FORMATION!

Un très grand merci  aussi à Marie-Thérèse pour ces magnifiques photos et explications

La journée a été très instructive et agréable